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L e   s u r f   e n   m o n t a g n e  

par Matthieu Lombard

Les skieurs ayant les neurones décalquées par les champs de bosses, il fallut attendre les années 60 de notre siècle pour que Milovitch s'amuse à tracer la peuf vierge sur une planche à neige…
 
Depuis le surf des neiges est devenu snowboard avec toutes les tendances que cela implique : alpin, freestyle, freecarve, freeride… Après des années de lutte acharnée, les softs-boots et les boards de freeride explosent tous les records de vente, grâce aux images symboles de liberté et de plaisir facile qui inondent les yeux des riders avides de nouveautés. Avec la montée en puissance du freeride, c'est la glisse originelle en poudreuse qui réapparaît au grand public.
Profitons de ce retour aux sources pour rendre hommage aux authentiques puristes qui ont compris le plaisir illimité d'une descente en poudre depuis un paquet d'années ! Pour eux les guerres et les modes du snowboard n'existent pas ; ils ont toujours fait du freeride sans le savoir, en dévalant les flancs des montagnes gavées de fraîche sur des swallows immenses pour tracer des courbes magiques. Respect.
Entre un saut de barre lors d'un hors-pistes en station, une bavante de 6 heures pour aller tracer une pente immaculée de poudre, la descente extrême d'un itinéraire d'alpinisme avec piolets, cordes (…) et une compét' de surf-alpinisme ; il n'y a aucune comparaison possible ! Pourtant cette diversité de pratique fait la richesse et l'avenir de notre activité.
Cet éclatement des pratiques est synonyme de maturité et d'évolution. Pendant trop longtemps les snowboarders sont restés aux abords des domaines skiables ; heureusement depuis quelques hivers les choses évoluent, et certains riders envahissent peu à peu l'espace montagnard sous les yeux ébahis des randonneurs en knickers et chaussettes rouges !
 
Le freeride (hors-pistes sauce 90) se transforme en surf-alpinisme : les riders apprennent les techniques de sécurité, la connaissance du manteau neigeux, le matériel spécifique pour aller déchirer les champs de neige !
Les clichés réducteurs du montagnard et du surfeur explosent pour laisser place à un métissage des cultures et des mentalités avec comme dénominateur commun la Haute Montagne.

Comme toutes les activités de haute montagne le surf-alpinisme exige un minimum de rigueur et de préparation (physique et matérielle)… Avant de se balancer dans les faces Nord il faut savoir qu'en montagne, comme au lit avec Ophélie, le risque zéro n'existe pas !
Le principal danger de la montagne hivernale est l'avalanche. Chaque année skieurs et riders se font engloutir par méconnaissance ou imprudence ! !
Pour éviter d'aller pourrir sous 3 tonnes de neige, la Fédération Française de Montagne et d'Escalade propose des formations permettant de mieux comprendre les mécanismes et l'évolution du manteau neigeux, les techniques de secours (ARVA)…
Tous les freeriders et surfeurs-alpinistes devraient vraiment suivre une de ces formations, histoire d'aller mourir en connaissance de cause !

Que les cagueux se rassurent, dans les Pyrénées les glaciers sont inexistants (pas de crevasses, ni de séracs) et les gigas avalanches de poudreuse sont absentes, OUF deux gros soucis en moins !
Vu l'immensité de la chaîne pyrénéenne et le peu de grands domaines, on trouve toujours un spot avec de la bonne neige loin des remontées. En effet il y a un nombre incroyable de vallées et de sommets sauvages en conditions tout l'hiver, sans attendre que la neige remplisse les crevasses. Seul bémol, les routes transpyrénéennes sont rares (tant mieux, NON AU TUNNEL DU SOMPORT !!) et certaines vallées peuvent être longues à remonter quand la neige bloque les routes…

Personnellement ma passion de l'alpinisme m'a orienté vers le surf en pentes raides (appelé snowboard extrême pour les ninas). Une descente de surf extrême est avant tout de l'alpinisme hivernal, cela demande une très bonne connaissance de la montagne et des techniques d'alpinisme. En plus les conditions de neige permettant la descente en surf extrême sont rares et aléatoires. Pour toutes ces raisons je ne décris pas de pentes extrêmes dans les topos qui suivent…

La montée à pied étant peu jouissive, surtout pour les feignants et les fumeurs de ganja, on évite de décrire des bavantes de 8 heures… Mais bon, mieux vaut avoir la caisse sous peine de cracher paquet de clopes et ½ poumon durant la montée ! En plus un rider rôti par 3 heures de montée ne profitera pas de sa descente.

Je remercie Hammer, Helly Hansen, Northwave et Drake pour leurs précieux soutien !

         Matthieu Lombard